Je n'écris plus. Non pas par manque d'envie mais par la perte des mots. Jusqu'ici j'arrivais à les approcher lentement, à les apprivoiser puis à les retranscrire. Mais à présent, ils sont devenus plus farouches.
La nuit est tombée depuis quelques heures, et je sens ce cauchemar qui approche, qui revient me hanter. Tout semble beau, idyllique, mais reste ce détail, ce tout petit détail. Je ne t'en veux pas, tu ne m'as pas déçu non, je me suis déçue toute seule. Tu pensais sans doute, que cet aveu me passerait au dessus, qu'après tout cela faisait parti du « avant », et avec du recul, je me dis que oui, c'est ainsi que j'aurais du réagir. Mais rien à faire. Je planais, très haut, et cette nouvelle me fit faire une chute, plus brutale que je ne l'aurais imaginé. Alors pardonne-moi, oui, c'est étrange, mais je te demande pardon. Tu ne pouvais savoir ce que l'avenir nous réservait, je sais, tu avais soif de vengeance, tu souffrais peut-être plus que jamais et de cette manière, en rôdant au bord du précipice, tu savais que cela me toucherais, tu savais qu'il n'y avait rien de mieux pour me faire réagir, tu savais... Mais, il y'avait une chose que tu ignorais, durant cette nuit, cette même nuit, je tournais, tournais dans mon lit, à me poser des milliers de questions, à regretter, tous, mes moindres gestes envers toi, les mauvaises décisions, les blessures que je t'avais infligées, les silences, les peines. Au moment même où tu mettais au point cette vengeance ultime, je succombais aux regrets, au regret du nous que nous formions, au regret de nos souvenirs les plus beaux, au regret de tes lèvres, de ton regard, de tes mots doux. A cet instant, je savais, que je ne pouvais n'appartenir qu'à toi. Ne trouves-tu pas que c'est un comble ? Ce n'était qu'une question d'heure, de quelques heures. Chacun de notre côté, nous effectuons l'un envers l'autre, deux actions différentes. L'une censée nous rapprocher, l'autre nous éloigner. Quand j'y repense quel drôle de soirée...
Après, les événements, tu les connais, par c½ur sans doute.
Maintenant, s'il te plaît, je te demande de n'avoir aucuns regrets quand à ce que tu as fait, je comprends, tout, le principal est que ce voyage au bord du précipice ne fut que question d'une seule soirée, d'une seule et unique soirée. Et je me dis, qu'inconsciemment, dans mon lit froid ce soir là, je sentais qu'à quelques kilomètres de là, tu n'attendais qu'une chose, que je revienne courir jusqu'à toi, que je te prenne dans mes bras, et qu'ainsi je t'ôterais de la tête cette idée de plonger, toujours plus bas et y glisserait à la place tous les mots d'amour les plus doux. Nous y sommes arrivés tu crois ?